Les résidences

minidiscTout le monde a des histoires à raconter : des événements vécus, vus ou entendus. Ces récits multiples, racontés dans un espace commun (quartier, ville, commune) font émerger une vision du monde liée au lieu. Ils représentent une unité de territoire et une unité de temps. Ici et maintenant, ils questionnent notre place dans le monde. La démarche de Pavé Volubile consiste à rechercher et écouter ces paroles, les écrire en leur donnant une dimension universelle et les raconter afin qu’elles circulent. Mettre en lumière les mythologies intimes des habitants, liées aux lieux où ils vivent. Créer, ou plutôt faire vivre une mémoire collective autour de récits liés à un lieu de vie commun, c’est avant tout mettre en circulation les récits et l’imaginaire de la ville :

– par la narration, l’écriture poétique, la photo, l’œuvre plastique, ou encore la composition électroacoustique…

– en invitant les habitants à participer autant à l’écriture qu’à la représentation finale.

Le postulat : ce sont les habitants qui font les villes. Les habitants comme entité constituée de différentes classes d’âge, d’histoires et de géographies multiples. Ils sont réunis autour d’une unité de temps et d’espace : leur territoire, aujourd’hui. Nous habitons la même ville, le même département, le même coin du monde mais celui-ci est relié au reste de la planète. Certains sont arrivés récemment, d’autres ont toujours habité ici. Les premiers ne connaissent souvent pas l’histoire du lieu qu’ils partagent et dans lequel ils se croisent au quotidien.

Pour Pavé Volubile, il s’agit donc de créer les conditions qui permettent à tous ces habitants de se rencontrer et de favoriser l’échange par des histoires d’hier et d’aujourd’hui pour pouvoir envisager demain ensemble. Les récits des uns et des autres réveillent par leur universalité une reconnaissance réciproque au sens d’identification. L’autre devient familier et le temps a pour corollaire la mémoire qui permet d’aborder l’avenir ensemble

Le projet de collectage, comme un geste artistique construit en intelligence avec les publics. Fruit de nombreuses années de pratique avec les habitants des territoires, Pavé Volubile propose avant tout une méthode, en plusieurs étapes.

Notre démarche s’appuie sur une méthode rigoureuse où toutes les personnes qui participent de près ou de loin au processus de collectage et ou de création ne sont jamais mises dans une relation intrusive. Le travail se fait avec minimum trois personnes afin que l’indicible, l’intime, ne soit jamais sollicité. Les personnes enregistrées sont les seules propriétaires de leurs paroles. Nous ne rendons leurs récits publics qu’avec leur autorisation.

Dès la première rencontre, nous présentons notre démarche auprès des intéressé-e-s avec la plus grande précision, les tenants, les aboutissants et nous nous tenons à tous nos engagements. Le respect des personnes, de leurs paroles et de nos engagements est incontournable.

Du Sillon au Goudron : Deux ans de résidence (2013-2014) sur le territoire de l’Arpajonnais dans le cadre de la Communauté de Communes de l’Arpajonnais a donné la création de Lisières. Notre projet a été de questionner cette relation de l’urbain au rural « le rural dans l’urbain et vice versa » à travers les mythologies des habitants. C’est la manière dont ils nomment leur rural et leur urbain qui constitue la base de la création. Un projet soutenu par le Conseil Départemental de l’Essonne, le Conseil Départemental des Yvelines, le Conseil Régional d’Île de France dans le cadre de la Permanence artistique et culturelle, coproduit par la Ferme de Bel Ebat-Théâtre de Guyancourt.

Résidence de un an à Combes la Ville, qui a donné la création de Sillon par ci, goudron par-là, premier jalon de Du Sillon au Goudron, et qui a été jouée pendant les Journées européennes du patrimoine. Commande de la Ville de Combes la Ville, cette résidence a questionné le point de vue des habitants qui vivent dans une ville nouvelle en bordure des champs. Les collectages ont permis de rencontrer toutes les composantes de la population : celles qui y vivent depuis toujours (agriculteurs, artisans, …) et celles qui sont arrivées plus récemment (habitants installés depuis les années 60, début des premières constructions d’habitat collectif, ainsi que ceux qui y sont depuis une date plus récente).

Récits de Mayenne : Deux ans de résidence (2008-2010) en territoire rural. Résidence à la Scène Nationale de Château Gontier et sur le territoire du Pays de Loiron. Une résidence en milieu rural et dans une ville au passé prestigieux. Deux aspects d’un même territoire. Les rencontres avec des ouvriers de la fonderie, des tricoteuses d’une usine de maille pour la haute couture, des fermiers, des enseignants, des lycéens, des artisans, etc. ont permis la création d’un solo Par ici… Récits de la Mayenne.

Caravane, récits ambulants : En 2007, la Ville de Chevilly-Larue a inauguré son nouveau coeur de ville autour d’une médiathèque ronde dans le quartier Sorbier-Saussaie, cité d’habitation populaire. Praline Gay-Para a accompagné ce projet urbain pendant deux ans de résidence à la demande de la Ville de Chevilly Larue, au cours desquels elle a notamment collecté des récits de vie des habitants du quartier qui ont donné lieu à une création : Caravane, récits ambulants. Ce spectacle a été donné dans la caravane rouge de la compagnie Pavé Volubile, un petit théâtre de 10 places, au pied des immeubles, à quelques mètres du nouvel équipement. La conteuse a par ailleurs créé une légende qui raconte pourquoi la médiathèque a été bâtie sur le site où elle est. Cette légende, imprimée sur un parchemin, a été scellée dans la première pierre du bâtiment par le maire. Un ouvrage Nous, avec des textes de la conteuse et des photos d’André Lejarre, de Jean-Christophe Bardot et des habitants, a été publié pour l’occasion. Il a été remis à tous les habitants lors de l’inauguration de la médiathèque. Un projet soutenu par la Maison du Conte de Chevilly Larue, le Conseil Départemental du Val de Marne, la DRAC Île de France, et l’aide du Groupe des 20 Île de France.