Mimi Barthélémy est née et a grandi dans une famille aisée d’Haïti puis elle est venue faire des études à Paris.
Ses pas l’ont ensuite emmenée en Amérique Latine, en Afrique du Nord, au Sri Lanka, aux Etats Unis, avant de s’installer, pour notre plus grande chance, ici.
C’est quand elle s’est éloignée de son île natale qu’elle a pris conscience combien Haïti coulait dans ses veines. C’est quand elle s’est éloignée de son île natale qu’elle a rencontré les Haïtiens issus d’autres milieux que le sien.
Alors Mimi a compris à quel point elle était Haïtienne et à quel point son île était multiple et riche en poésie, en culture, en luttes.
Tel un arbre qui s’enracine profondément dans la terre pour mieux lancer sa cime vers le ciel, Mimi s’est nourrie des traditions de son pays Haïti ; de ses musiques, de ses contes, de ses chansons, de sa poésie pour écrire, pour raconter, pour créer des spectacles qui s’adressent à tous.
Mimi revendiquait fièrement son identité Haïtienne, mais elle revendiquait tout autant l’universalité de chaque récit qu’elle écrivait ou racontait.
Mimi c’est une langue unique, forgée comme une dentelle métallique tellurique de poésie dense et percussive qui martèle et râtelle. Elle faisait résonner le français et le créole comme deux instruments qui jouent à l’unisson.
Mimi l’énergie vitale, le torrent de force et de tendresse, le sourire étincelant, le soleil qui adoucit la vie.
Une fois à l’issue d’un spectacle j’ai entendu une femme lui dire : « Oh, vous êtes petite en fait. Je vous ai crue immense quand vous étiez sur scène ! »
Quand on rencontrait Mimi, elle nous accueillait toujours comme on accueille la pluie au cœur du désert. On avait toujours le sentiment d’être un cadeau. Elle avait un cœur vaste et extensible à l’infini et elle faisait une place à chacune et chacun.
Elle ne savait sans doute pas à quel point, elle a pris une place de choix dans le cœur de toutes celles et ceux qui l’ont rencontrée, sur scène et dans la vie.
Si nous pleurons aujourd’hui, nous pleurons sur nous-mêmes, parce qu’elle va nous manquer. Un vide immense.
On ne pleure pas Mimi. On chante Mimi, on rit Mimi, on célèbre Mimi !
Mimi a vécu la vie qu’elle a voulue. Elle a brillé, étincelé, partout où elle est passée. Elle est partie en plein envol, comme une étoile filante qui refuse de s’arrêter d’irradier.
C’est la nuit que nous avons besoin de lumière dit le conte.
Les plus grands porte-bonheurs de sa vie, ses enfants: Coralie, Clémentine, Elodie et Maurice Barthélémy et ses petits enfants Balthazar, Alizé, Céleste, Luce, Diego, Martial et Tess. Ils étaient, chacun à son tour, la 7e merveille du monde. Ils l’ont entourée de beaucoup d’amour. Elle en était si fière.
Nous avons beaucoup de chance d’avoir croisé sa route.
Que la vôtre soit douce… longtemps.
Alléluia pour une femme jardin !
Eglise St Bernartd, jeudi 2 mai 2013
aujourd'hui c'est son anniversaire, elle aurait eu 74 ans...
date de publication : Mardi 23 octobre 2007
Longue absence depuis l'été. Avignon en juillet avec la caravane. Premier baptême du feu : les histoires ont été racontées pour la première fois hors contexte... et cela n'a posé aucun problème. La rencontre a été aussi chaleureuse avec le public qu'aux Sorbiers. Les histoires de Chevilly sont universelles !!!
Les projets ne manquent pas pour cette saison : un spectacle bilingue en langue orale et en langue des signes avec Marie Boccacio pour le jeune public. Une nouvelle forme en duo de Triangle a vu le jour au Festival d'Ile de France avec Simon Mary. Un nouvel album en mars chez Didier jeunesse, un recueil de récits urbains est sur le feu.
Continuer à créer aujourd'hui est une forme de résistance.
L'état du pays et du monde se dégrade à vue d'oeil. Faudrait avoir des lunettes en carton sur le nez pour ne pas le voir.
à suivre....