Le recueil de récits contemporains vient de paraître.

Signature à la Librairie Les Buveurs d'encre
le vendredi 7 juin 2013 à 19h
59, rue de Meaux
75019 Paris

MIMI BARTHELEMY hommage

Mimi Barthélémy est née et a grandi dans une famille aisée d’Haïti puis elle est venue faire des études à Paris.
Ses pas l’ont ensuite emmenée en Amérique Latine, en Afrique du Nord, au Sri Lanka, aux Etats Unis, avant de s’installer, pour notre plus grande chance, ici.
C’est quand elle s’est éloignée de son île natale qu’elle a pris conscience combien Haïti coulait dans ses veines. C’est quand elle s’est éloignée de son île natale qu’elle a rencontré les Haïtiens issus d’autres milieux que le sien.
Alors Mimi a compris à quel point elle était Haïtienne et à quel point son île était multiple et riche en poésie, en culture, en luttes.
Tel un arbre qui s’enracine profondément dans la terre pour mieux lancer sa cime vers le ciel, Mimi s’est nourrie des traditions de son pays Haïti ; de ses musiques, de ses contes, de ses chansons, de sa poésie pour écrire, pour raconter, pour créer des spectacles qui s’adressent à tous.
Mimi revendiquait fièrement son identité Haïtienne, mais elle revendiquait tout autant l’universalité de chaque récit qu’elle écrivait ou racontait.
Mimi c’est une langue unique, forgée comme une dentelle métallique tellurique de poésie dense et percussive qui martèle et râtelle. Elle faisait résonner le français et le créole comme deux instruments qui jouent à l’unisson.
Mimi l’énergie vitale, le torrent de force et de tendresse, le sourire étincelant, le soleil qui adoucit la vie.
Une fois à l’issue d’un spectacle j’ai entendu une femme lui dire : « Oh, vous êtes petite en fait. Je vous ai crue immense quand vous étiez sur scène ! »
Quand on rencontrait Mimi, elle nous accueillait toujours comme on accueille la pluie au cœur du désert. On avait toujours le sentiment d’être un cadeau. Elle avait un cœur vaste et extensible à l’infini et elle faisait une place à chacune et chacun.
Elle ne savait sans doute pas à quel point, elle a pris une place de choix dans le cœur de toutes celles et ceux qui l’ont rencontrée, sur scène et dans la vie.
Si nous pleurons aujourd’hui, nous pleurons sur nous-mêmes, parce qu’elle va nous manquer. Un vide immense.
On ne pleure pas Mimi. On chante Mimi, on rit Mimi, on célèbre Mimi !
Mimi a vécu la vie qu’elle a voulue. Elle a brillé, étincelé, partout où elle est passée. Elle est partie en plein envol, comme une étoile filante qui refuse de s’arrêter d’irradier.
C’est la nuit que nous avons besoin de lumière dit le conte.
Les plus grands porte-bonheurs de sa vie, ses enfants: Coralie, Clémentine, Elodie et Maurice Barthélémy et ses petits enfants Balthazar, Alizé, Céleste, Luce, Diego, Martial et Tess. Ils étaient, chacun à son tour, la 7e merveille du monde. Ils l’ont entourée de beaucoup d’amour. Elle en était si fière.
Nous avons beaucoup de chance d’avoir croisé sa route.
Que la vôtre soit douce… longtemps.
Alléluia pour une femme jardin !

Eglise St Bernartd, jeudi 2 mai 2013

aujourd'hui c'est son anniversaire, elle aurait eu 74 ans...

Le blues de la Caravane

date de publication : Mercredi 13 juin 2007

Après l'aventure humaine, très humaine que l'équipe a vécue aux Sorbiers... j'ai le blues.
Nous étions au coeur de la vie et de notre métier artistique. Il me reste quelques bribes d'instants précieux.
Une fillette nous attendait tous les soirs avant notre arrivée. Un soir, elle monte dans la caravane pendant que j'installais et elle me dit : "Excuse-moi, je ne viendrai pas ce soir, j'ai mon spectacle de danse au théâtre. Je t'ai apporté un Carambar." Samedi, elle était à la Maison du Conte avec sa mère.

Youssef, un jeune du quartier, qui nous a observés longtemps avant de s'approcher est monté dans la caravane pour un set. Il avait un visage lumineux quand il écoutait l'histoire. En sortant, il a écrit dans le carnet de voyage, d'une belle écriture : "Une très belle histoire, une très bonne personne qui raconte très très bien, ça fait vraiment plaisir. Continuez comme ça !!! Bon courage."
Le lendemain, je le revois avec sa bande, il reste loin de nous, probablement à cause des potes. Je m'approche et lui dis : "Je viens te remercier de ton petit mot. C'est émouvant." Un gars de la bande demande en rigolant : "Quès t'as écrit ?" et d'un ton très solennel, il a répondu : "C'est perso. Vous avez qu'à aller voir..."
Ses amis sont venus au spectacle ce soir-là et lui, il est revenu aussi. Ils ont écouté comme le public le plus professionnel.
La deuxième semaine, j'ai remarqué qu'une branche de l'arbre qui est à l'entrée du site a été arrachée. J'ai appris par la suite que c'est la bande de potes qui l'a cassée pour faciliter le passage de la caravane.
Toujours les jeunes: un graph Caravane 94! un petit mot : Caravane des Sorbiers...

Et cette dame, venue le premier jour avec une petite fille de quatre ans en s'excusant de ne pas "bien parler français". Elle a écouté deux histoires. Elle est revenue deux jours plus tard avec sa petite et elle est encore revenue pour la dernière en disant : "La petite est malade mais je voulais venir."

I've got the blues... Mais alors, quelle aventure !!! Prête à recommencer !

CARAVANE, récits ambulants

date de publication : Samedi 09 juin 2007

Jour 8 et dernier dans les Sorbiers

Il y avait du monde ce soir !!! Radio trottoir a fait le nécessaire. Soixante personnes du quartier. La bande de jeunes dont on a occupé le territoire et qui nous observe de loin depuis quelques jours était là ! avec des petits mots émouvants sur le cahier de voyage.
Les grands enfants étaient nombreux et les adultes aussi. L'ambiance était festive.
J'ai joué 10 sets ce soir pour contenter tout le monde. Crevée mais si heureuse! J'ai réalisé une utopie. Je le sais rien qu'à voir le public pendant et après les histoires. Un petit caid du quartier est revenu et il a osé dire devant ses copains : "J'aime les histoires."
Pour bien faire, il faudrait rester quelques soirs de plus... mais peu importe, nous continuerons à réaliser nos rêves.
J'étais pendant deux semaines au coeur de la vie. Mon travail a plus que jamais du sens.
A nos utopies !!!

CARAVANE, récits ambulants

date de publication : Vendredi 08 juin 2007

Jour 7 dans les Sorbiers

Ce soir, le site était très animé. Des jeunes, des très jeunes et des moins jeunes. Les enfants du quartier viennent de plus en plus nombreux. Même les petites dames qui ont leur QG sur leurs pliants juste à côté de nous ont fini par venir écouter des histoires. Il faut dire que nous les y invitons depuis quatre jours. Nous avons une relation de bon voisinage maintenant.
Chaque fois que je sors de la caravane après le spectacle, je redécouvre le site. Les arbres sont magnifiques et la lumière qui accompagne le démontage est superbe. Plus le jour décline et plus les immeubles et les arbres prennent leur allure d'ombres chinoises.
Demain c'est le dernier soir... c'est passé si vite. Il faudrait y rester deux semaines de plus, mais ça c'est une autre histoire.

CARAVANE, récits ambulants

date de publication : Jeudi 07 juin 2007

Jour 6 dans les Sorbiers

Les jeunes du quartier commencent à entrer dans la caravane !
Soirée chaleureuse et public très mélangé ce soir. Tous les âges, toutes les provenances sociales et géographiques...et ça fonctionne !
Les histoires se cisèlent petit à petit. L'espace de la caravane est intégré dans le corps. Je peux maintenant revisiter les nuances.
C'est vraiment en racontant que l'écriture avance.
Plus que deux jours dans le quartier... et l'histoire continue.

CARAVANE, récits ambulants

date de publication : Mercredi 06 juin 2007

Jour 5 dans les Sorbiers

Beau temps aujourd'hui.
Le vent a joué une farce à l'un des parasols et l'a cassé.
La lumière était splendide.
Le quartier calme après un week-end chargé: inauguration du coeur de ville et de la médiathèque Boris Vian samedi et fête de la ville samedi et dimanche.
Une petite jauge chaleureuse et toute ouïe.
J'ai fait un petit tour à la médiathèque : pas un siège vide. Premier jour d'ouverture et déjà pleine de gens du quartier.
Les histoires font leur chemin dans la vie des gens. Une femme m'a dit aujourd'hui : "Chaque fois que je vois quelqu'un dormir sur un banc, je pense à ton histoire"... car l'une des histoires du spectacle parle d'un homme qui dort sur un banc.
Demain est une autre histoire

CARAVANE, récits ambulants

date de publication : Samedi 02 juin 2007

Jour 4 dans les Sorbiers
Bonne nouvelle : la pluie s'est abstenue ! Nous avions une rude concurrence ce soir, la course dans la ville, brassards, etc.
Peu de réservations...
MAiS il y avait au moins trente-cinq spectacteurs du quartier. Des qui passaient par là, des qui rentraient du boulot, des qui avaient participé à la course et qui ont laissé leur équipement de coureur à l'accueil. Des adultes, des enfants. Trois jeunes gens un peu gênés au début d'une histoire. Ils riaient et petit à petit, ils ont fini par écouter bouche bée...
Une femme que je vois pour la première fois, sort d'un set en disant :
" Cette histoire est vraie, c'est mon histoire."
Le petit garçon qui est déjà venu mardi avec son copain et mercredi avec sa mère et son frère était là avec deux copains ce soir !
Il nous a raconté pendant l'installation l'histoire qu'il avait entendue le premier soir.
J'ai tous les soirs l'impression de réaliser une utopie.

CARAVANE, récits ambulants

date de publication : Vendredi 01 juin 2007

CARAVANE, récits ambulants

Jour 3 dans les Sorbiers

Le ciel se contrôle toute la journée. Dès que la caravane sort le nez de la maison, une pluie torrentielle s'abat sur le monde. La petite coccinelle lui plaît. Adaptation du dispositif ! et tout s'est bien passé. Nous avons pu apprécier le confort que l'on ressent quand on est bien à l'abri de la caravane, emporté dans une histoire avec le son de la pluie qui martèle le toit.
Dehors, pendant que l'histoire se déroulait, un parasol est venu se planter juste devant la porte.
Les lutins des braises sont revenus !!!
Qu'on se le dise...